POUR UNE NOUVELLE SANTÉ VISUELLE
Cinq priorités pour renforcer la prévention, simplifier l’accès aux soins visuels au plus près des Français et mieux allouer le temps médical.
Prévention dès l’enfance1. Faire de la prévention visuelle une priorité dès l’enfance
Vision et permis de conduire2. Organiser l’évaluation visuelle liée au permis de conduire
Suivi visuel de proximité3. Organiser un suivi visuel de proximité tout au long du parcours
Téléconsultation accompagnée4. Développer la téléconsultation ophtalmologique accompagnée
“Aller vers” en EHPAD5. Déployer une stratégie d’« aller vers » en EHPAD
CONTEXTE
Mieux organiser les compétences pour répondre aux besoins de demain
Le vieillissement de la population accroît les besoins de prise en charge : la part des 65 ans et plus est passée de 12,7 % à 21,8 % entre 1970 et 2025, avec une progression corrélée des pathologies chroniques de la vision.
Parallèlement, la myopie progresse fortement, notamment chez les jeunes générations. Elle concerne déjà près de 40 % des adultes et pourrait toucher jusqu’à 60 % de la population en 2050.
Ces deux évolutions appellent des réponses complémentaires : davantage de prévention et de dépistage précoce chez les plus jeunes, et un suivi plus régulier des pathologies visuelles liées à l’âge.
Dans le même temps, les dépenses associées à la santé visuelle progressent fortement et durablement. Cette dynamique appelle moins une logique de restriction qu’une meilleure allocation des ressources, grâce à des organisations plus efficientes : une organisation repensée permettrait de faire face à la progression des besoins dans le respect de la maîtrise des budgets.
Or l’offre médicale reste inégalement répartie : la France compte un peu moins de neuf ophtalmologistes pour 100 000 habitants, avec de fortes disparités selon les territoires. Dans les zones les moins dotées, délais et éloignement retardent l’accès aux consultations, aux équipements, aux examens de surveillance ou à un avis spécialisé. Pour les enfants, les personnes âgées et les patients atteints de pathologies chroniques, ces difficultés peuvent se traduire par de véritables pertes de chance.
Le nombre d’orthoptistes, en augmentation ne constitue à cet égard qu’une ressource partielle : très souvent implantés au sein même des cabinets d’ophtalmologie, ils suivent une répartition territoriale calquée sur celle des médecins et ne permettent pas, à eux seuls, de corriger ces déséquilibres.
Grâce à leur formation, à leurs équipements et à leur maillage territorial, les opticiens peuvent contribuer davantage à la prévention, au dépistage et au suivi. C’est tout l’objet des cinq priorités présentées dans ce plaidoyer : mobiliser pleinement les compétences disponibles pour fluidifier les parcours, préserver le temps médical et rapprocher durablement la santé visuelle du quotidien des Français.
Les conditions sont pourtant réunies pour faire évoluer les parcours. Les innovations technologiques permettent de réaliser en proximité des examens fiables et standardisés ; la télésanté facilite l’accès à l’expertise médicale et la transmission sécurisée des données ; et les patients sont désormais plus enclins à être suivis, pour certains actes, par des professionnels de santé autres que des médecins, dans des parcours coordonnés.
Sources : Insee (part des 65 ans et plus, 1970-2025) ; SNOF (prévalence et projection de la myopie à 2050) ; DREES (démographie et répartition des ophtalmologistes).
Chiffres-clés
Sources : Insee · SNOF · DREES.
ÉDITO
Une nouvelle ambition pour la santé visuelle
L’Association des Optométristes de France (AOF), le Rassemblement des Opticiens de France (ROF) et le Syndicat national des centres d’optique mutualistes (SYNOM) ont choisi de s’unir pour porter une parole commune. Ce plaidoyer propose aux pouvoirs publics, aux/à nos patients, et à nos partenaires ophtalmologistes et orthoptistes, une organisation plus fluide, plus proche et plus efficiente de la santé visuelle.
Car les moyens d’agir existent déjà. Avec près de 16 000 lieux d’exercice répartis sur l’ensemble du territoire, les opticiens forment un réseau de proximité immédiatement mobilisable. L’enjeu est de mieux organiser leurs complémentarités, pour renforcer la prévention, préserver le temps médical et garantir un accès de proximité aux soins.
Cette ambition repose sur une coopération claire entre les trois « O », ophtalmologistes, orthoptistes et opticiens : chacun intervient au bon moment, et l’ophtalmologiste conserve la responsabilité du diagnostic, de la prescription et de la décision médicale.
- 1Prévention dès l’enfance1. Faire de la prévention visuelle une priorité dès l’enfanceDévelopper le dépistage de l’amblyopie en maternelle et de la myopie à l’école primaire et au collège, en généralisant des protocoles associant les ARS, l’Éducation nationale et les opticiens.
- 2Vision et permis de conduire2. Organiser l’évaluation visuelle liée au permis de conduireInscrire les opticiens parmi les professionnels habilités à réaliser les évaluations visuelles prévues par le dispositif français et à délivrer les documents requis par les autorités.
- 3Suivi visuel de proximité3. Organiser un suivi visuel de proximité tout au long du parcoursEnrichir le bilan réalisé lors du renouvellement des lunettes et permettre aux opticiens de contribuer, sur prescription médicale, au suivi technique des pathologies chroniques.
- 4Téléconsultation accompagnée4. Développer la téléconsultation ophtalmologique accompagnéePermettre aux patients d’accéder à distance à l’expertise d’un ophtalmologiste, avec l’accompagnement d’un opticien réalisant les examens nécessaires dans un cadre sécurisé.
- 5“Aller vers” en EHPAD5. Déployer une stratégie d’« aller vers » en EHPADPermettre à l’opticien du territoire d’intervenir directement sur le lieu de vie, sur prescription d’un bilan visuel par le médecin coordonnateur ou le médecin traitant.